
Lecture en chute libre chez les 16-19 ans, temps d’écran qui explose, pratiques d’information bouleversées par TikTok : les tendances jeunes en 2024 dessinent un paysage où les usages numériques redéfinissent le quotidien des adolescents et jeunes adultes. Quels écarts mesure-t-on entre les tranches d’âge, entre les supports, entre les pratiques déclarées et les comportements réels ?
Temps d’écran contre temps de lecture : les écarts chiffrés chez les jeunes
L’étude du Centre national du livre (CNL) réalisée avec Ipsos en 2024 pose un constat net : les jeunes passent quotidiennement dix fois plus de temps sur les écrans qu’à lire. Ce ratio, mesuré sur la tranche 7-19 ans, varie selon l’âge, mais la tendance reste uniforme.
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| Indicateur | 7-15 ans | 16-19 ans |
|---|---|---|
| Lecture pour les loisirs | Majorité de lecteurs | Un sur trois ne lit pas du tout |
| Supports privilégiés | BD, mangas papier | Livre numérique sur smartphone |
| Temps écran vs lecture | Ratio élevé | Ratio encore plus marqué |
| Lecture scolaire/professionnelle | Stable | En recul (environ deux tiers) |
Le décrochage s’accentue après 15 ans. Chez les 16-19 ans, un jeune sur trois ne lit plus du tout en dehors des obligations scolaires. Près de la moitié des jeunes interrogés ont déjà lu un livre numérique, principalement sur smartphone, ce qui confirme la migration vers des formats courts et mobiles.
Pour consulter l’actualité sur Newsyoung, les adolescents privilégient d’ailleurs les mêmes terminaux que pour la lecture numérique : le smartphone reste le point d’entrée dominant, loin devant l’ordinateur ou la tablette.
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Réseaux sociaux et information des jeunes : TikTok comme média dominant
L’étude M6 Publicité/Gulli sur les tendances kids 2024 confirme que les usages numériques occupent une place grandissante dans la vie des plus jeunes, avec un impact direct sur leur construction identitaire. Les plateformes de contenus courts (TikTok en tête) ne servent plus seulement au divertissement.
Chez les adolescents, TikTok fonctionne désormais comme un canal d’accès à l’actualité. Les sujets politiques, sociaux ou environnementaux y circulent sous forme de vidéos de moins d’une minute, souvent sans vérification éditoriale. Ce glissement modifie la relation des jeunes à l’information et pose la question de l’éducation aux médias numériques.
- Les réseaux sociaux deviennent la première source d’information pour une part croissante des adolescents, devant la télévision et la presse écrite.
- Les contenus algorithmiques créent des bulles thématiques : un jeune intéressé par le sport ne verra quasiment aucune actualité politique dans son fil.
- L’éducation aux médias numériques reste peu intégrée dans les programmes scolaires, malgré les recommandations répétées des institutions.
En revanche, la télévision conserve une place chez les enfants de 4 à 14 ans. Les chaînes jeunesse comme Gulli maintiennent une audience stable sur le live et le replay, ce qui crée un clivage net entre les pratiques des enfants et celles des adolescents.
Santé mentale des jeunes et exposition numérique : un lien de plus en plus documenté
Les concurrents se concentrent sur les usages médias ou la consommation. Un angle absent de leurs contenus concerne pourtant directement les jeunes en 2024 : la montée des difficultés de santé mentale liées aux réseaux sociaux.
Des campagnes de sensibilisation récentes soulignent que de plus en plus de jeunes déclarent ressentir du stress, de la tristesse ou un sentiment d’exclusion lié à leur utilisation des plateformes. Ce phénomène touche particulièrement les adolescents entre 13 et 17 ans.
Le sujet dépasse le simple temps d’écran. La comparaison sociale permanente, la pression esthétique des filtres, le cyberharcèlement et la fragmentation de l’attention figurent parmi les mécanismes identifiés. L’enquête Enabee de Santé publique France sur le bien-être des enfants contribue à documenter ces dynamiques à l’échelle nationale.

Prévention santé et vaccination : des évolutions concrètes pour les adolescents
Le calendrier vaccinal 2025 du ministère de la Santé introduit une recommandation systématique de vaccination contre les méningocoques ACWY pour tous les adolescents de 11 à 14 ans, avec un rattrapage pour les 15-24 ans. La vaccination contre les infections à papillomavirus humains (HPV) est élargie à l’ensemble des jeunes hommes et aux jeunes femmes jusqu’à 26 ans.
Ces modifications touchent directement les pratiques de prévention chez les jeunes et restent peu relayées dans les contenus orientés « tendances jeunes », qui se focalisent sur les usages numériques.
Emploi des jeunes en 2024 : les signaux contradictoires du marché
Le rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur les tendances mondiales de l’emploi des jeunes en 2024 pointe des évolutions contrastées. Si le taux de chômage des jeunes recule dans certaines régions, la précarité des premiers emplois reste un marqueur fort de cette génération.
Les parcours d’insertion professionnelle se diversifient. Le service civique, la validation des acquis de l’expérience (VAE, en cours de réforme) et les dispositifs régionaux d’accompagnement constituent des leviers mobilisés par les pouvoirs publics. La question de l’adéquation entre formation et marché du travail reste ouverte, notamment dans les secteurs numériques où la demande évolue plus vite que les cursus.
- L’alternance continue de progresser comme voie d’accès à l’emploi chez les 18-25 ans.
- Les métiers du numérique attirent, mais les formations certifiantes peinent à suivre le rythme des besoins.
- Les dispositifs d’insertion (service civique, missions locales) restent sous-dimensionnés par rapport à la demande dans certains territoires.
Les actualités qui touchent les jeunes en 2024 ne se résument pas aux réseaux sociaux ou aux habitudes de consommation. Prévention santé, accès à l’emploi, rapport à l’information : les enjeux se croisent et dessinent un portrait de génération plus complexe que les seules statistiques d’usage numérique.